Face aux défis technologiques de l’éolien en mer, l’Institut Polytechnique de Paris, l’ENSTA et l’École des Ponts et Chaussées lancent OFFWIND. Ce nouveau master mise sur un double ancrage entre Paris-Saclay (Champs-sur-Marne) et Brest pour former les futurs experts de l’éolien flottant.
En 2025, le champ des formations EMR a vu naître un nouveau master. Son nom : OFFWIND. Ouvert pour l’année scolaire 2025-2026 sous l’égide de l’Institut Polytechnique de Paris (IP Paris), il forme, en deux ans, de futurs ingénieurs opérationnels, ingénieurs en recherche et développement et chefs de projet pour le secteur de l’éolien marin flottant et posé.
L’ENSTA et l’École des Ponts et Chaussées (ENPC), membres d’IP Paris, ont co-construit le master OFFWIND. « Les deux établissements apportent un socle de compétences complémentaires : l’ENSTA pour le génie maritime et l’École des Ponts pour le génie portuaire, en particulier », indique Luc Pastur, professeur associé à l’ENSTA et Directeur du programme OFFWIND.
Après l’obtention de leur diplôme, plusieurs voies s’ouvrent aux élèves : la poursuite d’un parcours doctoral, entrer dans le monde professionnel ou l’approfondissement de leur bagage en suivant le Mastère Spécialisé « Expert en énergies marines renouvelables ». « OFFWIND est clairement orienté vers la filière industrielle de l’éolien en mer (flottant et posé) et est accessible à Bac+4 ou Bac+5. Le Mastère Spécialisé Expert EMR [déjà dispensé par l’ENSTA, l’École Navale, IMT Atlantique et l’Université de Brest] couvre plus largement toutes les énergies marines (hydrolien, houlomoteur, etc.) et est ouvert aux élèves Bac +5 ou +6. »
La région parisienne pour le volet académique, Brest pour l’immersion industrielle
Après avoir validé leurs première et deuxième années de cursus ingénieur à l’ENSTA (équivalent à un niveau M1), huit étudiants ont bénéficié d’une passerelle et pu mettre les voiles vers Brest pour suivre le master OFFWIND (M2).
Dans la cité du Ponant, ils ont bénéficié d’une immersion industrielle, de visites de sites et de la proximité avec les acteurs bretons. « Les étudiants acceptent d’autant plus volontiers ce déménagement qu’ils ont un plan de carrière clair et une forte aspiration au bien commun – tournée dans le cas présent vers la transition énergétique. Ils trouvent facilement des stages, effectuent des visites dans les bureaux d’études des acteurs locaux et sur les sites industriels de production, d’installation ou de maintenance. Cela facilite également la venue d’intervenants issus du tissu industriel breton. »
A partir de l’année scolaire 2026-2027, la première année du master OFFWIND sera dispensée sur les Campus de Paris-Saclay (ENSTA) à Palaiseau et de Champs-sur-Marne (ENPC) « afin que les élèves bénéficient des compétences académiques de nos Ecoles et de la proximité géographique des sièges sociaux des grands acteurs industriels de la filière ».
À Brest, l’ENSTA devrait bientôt se doter d’un bassin d’essai dédié. « Les étudiants pourront ainsi l’utiliser pour la réalisation de leurs projets de fin d’études. Chaque année est organisé le « Floating Wind Challenge », un concours dans lequel des équipes d’étudiants conçoivent un flotteur d’éolienne innovant afin d’optimiser la production d’électricité en conditions de houle et de vent réelles. C’est un atout majeur pour préparer ce concours ouvert à toutes les formations en lien avec l’éolien flottant. L’ENSTA a également accès au bassin de l’IFREMER. » Ce dernier devrait être utilisé à partir de la seconde promotion et ce, pour la durée d’existence du master OFFWIND.
Des industriels en appui à la formation OFFWIND
Basé à Plouzané, l’IFREMER fait partie des nombreux partenaires du master OFFWIND, qui a été conçu en collaboration avec un consortium d’industriels. « Ils interviennent sur trois volets : la construction de l’offre de formation, par la mise à disposition d’experts vacataires et le financement de stages et de thèses dans le cas où des élèves souhaitent se diriger vers un parcours doctoral en recherche & développement. »
Parmi les grands groupes partenaires de la formation, on retrouve, notamment, TotalEnergies, Eiffage Metal, EDF, Siemens Gamesa, etc. Preuve de sa pertinence, la formation a été labellisée dès décembre 2025 par le Pôle Mer Bretagne Atlantique.
Ces partenariats s’avèrent gagnants-gagnants. En mettant à disposition des experts des EMR pour dispenser des cours, les entreprises sont en contact direct avec les étudiants et peuvent, ainsi, repérer leurs potentiels futurs collaborateurs. « Même si nos élèves peuvent également réaliser leur stage dans des PME, comme WindGlaz, basée à Lorient, par exemple », nuance Luc Pastur.
Une réponse au besoin en main-d’œuvre de l’éolien flottant
Le projet OFFWIND est né en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) «Compétences et Métiers d’Avenir » du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), dans le cadre des projets France 2030. « Dès le départ, notre objectif a été de répondre à un vrai besoin de la filière de l’éolien flottant. Faire tourner des éoliennes de la taille de la tour Eiffel à 100 km des côtes pendant 25 ans est un défi considérable. Les industriels font face à des enjeux environnementaux et techniques inédits. OFFWIND ambitionne de former des experts aptes à répondre à ces enjeux.
Le Master OFFWIND entend apporter une réponse au manque de professionnels formés à l’éolien flottant. À cette fin, l’ENSTA et l’ENPC ont fait le choix de créer un Diplôme National de Master (DNM) plutôt qu’un Master of Science and Technology, « Le diplôme, reconnu internationalement, est aussi moins coûteux pour les étudiants. Comme la filière a besoin de jeunes gens talentueux et bien formés, nous voulions attirer tous les talents sans barrière financière. »
Une nouvelle promotion étalée sur la période 2027-2029 devrait voir le jour, avec des étudiants avides de plonger dans le grand bain de l’éolien flottant. En effectuant leur stage de seconde année chez des pure players bretons, par exemple ? Avis aux amateurs !

