Jusqu’à 11 400 emplois en Bretagne d’ici 2050 générés par la filière de l’éolien flottant

Etude d'impacts socio-économique de l'éolien en mer en Bretagne

11 400 : c’est le nombre d’emplois vers lequel pourrait tendre la Bretagne grâce au développement de la filière de l’éolien flottant. Selon une étude sur les impacts socio-économiques du secteur, menée par le cabinet EY pour l’agence Bretagne Next, la filière régionale de l’éolien en mer se structure massivement et pourrait générer de 7 000 à 11 000 emplois par an et jusqu’à 13,9 milliards d’euros de valeur ajoutée cumulée d’ici 2050.

Forte d’une localisation idéale pour les projets de la façade Atlantique et de la mer Celtique, la Région Bretagne mise sur la synergie entre deux sites majeurs : le port de Brest comme plate-forme d’assemblage et le port de Lorient comme base de soutien logistique au cœur des futurs parcs offshore.

Anticipant les besoins techniques hors normes de la filière, la Région Bretagne a déjà investi plus de 250 millions d’euros sur le polder EMR de Brest et soutient les acteurs de la supply chain régionale grâce à l’action du programme Bretagne Ocean Power.

Une capacité industrielle prouvée et prête à changer d’échelle

La Bretagne bénéficie d’une position stratégique exceptionnelle et d’une filière qui a déjà fait ses preuves. Le point de départ ? La mise en service du parc éolien posé en baie de Saint-Brieuc par Ailes Marines qui a déjà mobilisé 500 emplois locaux via 200 entreprises aux savoir-faire reconnus.

Pour répondre à l’objectif de l’État français d’atteindre 45 GW de capacités installées d’ici 2050, la zone Nord Atlantique-Manche Ouest devra fournir entre 17 et 25 GW. Le territoire breton est aujourd’hui dimensionné pour relever ce défi. Selon l’étude, la société portuaire BrestPort, avec son terminal EMR, est idéalement situé pour capter une partie des projets de la mer Celtique, zone très active en matière de développement d’énergie marine.

Sur le terminal portuaire de Brest, le projet InFloW prévoit ainsi de produire et d’assembler une trentaine de flotteurs par an et d’y intégrer des éoliennes pour mettre en service 750 MW de capacités chaque année.

Aux avant-postes des projets éoliens flottant, l’écosystème portuaire et industriel breton prend une dimension européenne grâce à un duo complémentaire : Brest comme hub d’assemblage lourd et Lorient comme base d’opérations et de maintenance, et port secondaire pour les activités liées aux ancrages et lignes d’ancrages.

 

Des retombées sociales et économiques

L’étude EY quantifie ce changement d’échelle à environ 20 GW à l’horizon 2050-2060 pour les acteurs économiques bretons, marché nécessitant une création massive d’emplois. Selon les scénarios, la filière régionale représentera 5 000 à 10 000 emplois dès 2040 pour atteindre 7 000 à 11 000 emplois en 2050.

Etude d'impacts socio-économique de l'éolien en mer en Bretagne

À titre de comparaison, l’ensemble de la filière nationale française de l’éolien en mer comptait environ 8 000 emplois en 2024. Sur le plan économique, l’étude estime que la filière générera entre 7,6 et 13,9 milliards d’euros de valeur ajoutée sur la période 2030-2050.

Ces volumes importants sont liés au choix de recourir à l’éolien flottant qui mobilise en moyenne 1 140 emplois annuels par gigawatt (GW) en phase de construction, soit 3,6 fois plus que l’éolien posé (314 emplois) dont la fabrication est bien souvent délocalisable.

Pour sécuriser la diversité de métiers hautement qualifiés sur le territoire breton, des programmes de formation sur-mesure voient le jour localement, à l’image du cursus de technicien de maintenance créé à Plérin.

L’économie au service de l’écologie

En Bretagne, l’éolien en mer inverse la logique industrielle : l’urgence climatique et la création d’un «territoire régénératif » priment sur la pure rentabilité. Ce choix de décarboner le mix énergétique, tout en limitant l’impact sur la biodiversité, s’avère être un puissant levier de réindustrialisation.

Avec ses 496 mégawatts (MW) de puissance installée, le parc éolien en baie de Saint-Brieuc produit déjà l’équivalent de la consommation annuelle de 835 000 habitants (près de 9 % des besoins bretons). Grâce à cette infrastructure, l’autonomie électrique de la région a doublé en dix ans, atteignant 31 % en 2024.

“Produire localement une énergie renouvelable est une question d’autonomie territoriale, mais aussi une volonté de développer un territoire régénératif qui engendre, par ricochet, un choc socio-économique positif”, indique Daniel Cueff, vice-président de la Région Bretagne, chargé de la mer et du littoral. Ces projets visent d’abord à décarboner, grâce à un mix énergétique avec un impact maîtrisé sur la biodiversité. L’émergence de cette filière offre aujourd’hui aux nouvelles générations des métiers d’avenir, fortement porteurs de sens.

 

L’analyse de l’étude bretonne sera présentée au salon Seanergy (Nantes) par Philippe Thieffry sur le stand Bretagne-Occitanie (E14) mercredi 20 mai à 10h30.

La synthèse est à retrouver sur : https://www.calameo.com/read/0050832086b42fae42d95